Yoko Ogawa

Publié le par Nao

Yoko Ogawa est une jeune romancière née en 1962.
En 1988 elle reçoit le prix Kaien pour la "Désagrégation du papillon" et en 1991 elle reçoit le prix Akutagawa pour sa nouvelle "La Grossesse".
Ogawa a un goût prononcé pour l'anatomie, fleurtant parfois avec le fétichisme (en tout bien tout honneur, l'éloge du pied n'a rien de grivois bien que parfois il puisse le devenir), le chirurgical, l'anatomie. Ses thèmes de prédilection sont l'absence, la perte, la maladie, les relations humaines et surtout la mémoire.

Son style d'écriture est vraiment très fin et très agréable à lire!

Quelques livres à lire absolument:

L'annulaire:
Le premier roman (la première nouvelle) que j'ai lu d'Ogawa.
Une jeune femme sans emploi répond à une annonce de secrétaire médical. Mais le cabinet n'a rien de commun: son propriétaire est un "gardien" de la mémoire. Il met des objets appartenant à ses clients dans des boites, des bocaux mais également du vide, qui n'est autre que l'essence de la personne dont on voudrait se souvenir. Entre ce travail étrange et les relations qui se nouent entre le professeur et notre héroine, le quotidien n'est plus commun! Une nouvelle très étrange mais très savoureuse!
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Une parfaite chambre de malade (suivi de la Désagrégation du papillon):
Une jeune femme apprend que son frère, qu'elle n'a pas vu depuis de nombreuses années, est malade. Etant infirmière stagiaire (on suppose) dans un hopital, elle le fait venir afin qu'il soit suivi. Elle apprend rapidement que son frère est comdamné.Chaque soir, dès que son service est terminé, elle s'empresse d'aller rejoindre son frère dans sa parfaite chambre de malade. Parfaite car tout y est propre, rien n'est usé, aucun élément organique ,comme si le temps s'était figé. Dans cette parenthèse à la vie quotidienne, elle va apprendre à découvrir son frère, parfois dans le silence.
La "Désagrégation du papillon" traite également de la disparition, mais de celle d'une grand-mère.
Ces deux récits sont très sensibles mais ne vont jamais dans le larmoyant et posent une question fondamentale: comment accepter le passage de la vie à la mort.

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La Formule préférée du professeur:
  L'héorine travaille en tant que femme de ménage. Son entreprise la prévient qu'elle va commencer chez une nouvelle personne, un homme qui a beaucoup d'étoiles bleues (chaque étoile symbolise la démission de la femme de ménage). Elle s'y rend donc et découvre un vieux monsieur, ancien professeur de mathématiques et chercheur, amnésique. Le professeur a une mémoire de 90 minutes et sa veste est remplie de petits papiers épinglés pour se souvenir de l'essentiel. Un lien va se créer entre ces deux personnes et encore plus lorsque le professeur apprend que la femme a un jeune fils. Une amitié, un lien familial, très touchant va se tisser entre ces personnages, autour du baseball et des mathématiques, les deux seules passions du professeur.
Ce roman (puisqu'il s'agit de l'un des rares romans d'Ogawa, qui a écrit davantage de nouvelles) est vraiment sensible, émouvant. On s'attache aux personnages, à cette relation singulière qui les unit, en tentant tant bien que mal de vivre avec l'amnésie et les singularités du professeur. La relation du fils de la femme de ménage et du professeur est simple mais d'une rare beauté.9782742772230.jpg

Ogawa est un auteur qui mérite d'être découvert. Une fois lue, vous garderez toujours une part de ses récits en vous.

Publié dans Littérature japonaise

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